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SETTORI NATURA 2000 « CALVI - CARGHJESE »

SECTEUR NATURA 2000 « CALVI - CARGHJESE »



La nouvelle charte Natura 2000 de bonnes pratiques du secteur « Calvi - Carghjese » est disponible. Pour plus d’informations (objectifs de la charte, modalités d’adhésion, liste des signataires, etc.), cliquez ici.

Vue du golfe de Portu depuis Capu Rossu © K. Buron/UAC
Vue du golfe de Portu depuis Capu Rossu © K. Buron/UAC
Le secteur « Calvi - Carghjese » regroupe 4 sites Natura 2000 et forme un espace protégé essentiellement marin d’une superficie de plus de 127 000 ha.

LA GESTION DES SITES NATURA 2000

Le territoire englobe les 4 sites Natura 2000 qui s’étendent le long de la façade nord-occidentale de la Corse, eux-mêmes déclinés en 2 Zones Spéciales de Conservation (ZSC) et 2 Zones de Protection Spéciale (ZPS), classées respectivement au titre des directives européennes « Habitats Faune Flore » et « Oiseaux » :
  • ZSC FR9400574 « Porto, Scandola, Revellata, Calvi, Calanches de Piana » ;
  • ZSC FR9402018 « Cap Rossu, Scandola, Pointe de la Revellata, Canyon de Calvi » ;
  • ZPS FR9410023 « Golfe de Porto et presqu’île de Scandola » ;
  • ZPS FR9412010 « Capu Rossu, Scandola, Revellata, Calvi »
Localisation des 4 sites Natura 2000 du secteur « Calvi - Carghjese (UAC, 2019)
Localisation des 4 sites Natura 2000 du secteur « Calvi - Carghjese (UAC, 2019)

Le secteur étant en grande partie caractérisé par les mêmes ressources patrimoniales, mais aussi par des usagers et des acteurs similaires, les 4 sites Natura 2000 bénéficient d’un Comité de Pilotage (COPIL) unique co-présidé par le préfet maritime de la Méditerranée et le préfet de la Haute Corse. La vice-présidence est assurée par le président de la Collectivité de Corse (CdC).
 
Instauré le 30 mai 2011, le COPIL a nommé l’Uffiziu di l’Ambiente di a Corsica (UAC) opérateur des sites Natura 2000 pour l’élaboration d’un unique Document d’Objectifs (DOCOB), celui-ci garantissant une cohérence scientifique et des propositions d’orientations de gestion communes.
 
Résultat d’un travail d’étude conséquent, le Tome 1 du DOCOB a été validé par le COPIL le 15 juin 2016. Il a fait l’objet en amont d’une large concertation auprès des usagers, des services de l’Etat, de la CdC, des communes et des associations environnementales. Ce premier tome établit un diagnostic du patrimoine naturel du secteur et analyse les usages, et leurs impacts sur celui-ci, afin de déterminer les enjeux et les objectifs de conservation des habitats et des espèces d’intérêt communautaire.
 
Le Tome 2 du DOCOB, validé par le COPIL 17 octobre 2019, établit un plan d’action pour atteindre les objectifs de conservation ainsi qu’une charte Natura 2000 de bonnes pratiques. Comme le premier tome, il est le résultat d’un important travail de concertation impliquant de nombreux groupes de travail techniques et l’ensemble des acteurs du site.
 
Ainsi, 34 fiches actions, regroupées en 4 thématiques (10 relatives à la gestion globale des 4 sites, 10 liées à la gestion des milieux marins des 2 ZSC, 7 liées à la gestion des milieux terrestres des 2ZSC et 7 liées à la gestion des 2 ZPS), ont été proposées pour atteindre les 7 objectifs opérationnels et les 19 objectifs de conservation des habitats et des espèces d’intérêt communautaire.

Une fois le DOCOB validé, le COPIL a désigné l’UAC comme animateur des sites Natura 2000. L’une des premières actions menées par l’UAC a été l’actualisation de la charte Natura 2000 de bonnes pratiques validée en 2019, afin de prendre en compte les problématiques liées à la fréquentation touristique et notamment celles liées à la conservation du balbuzard pêcheur. Approuvée par le COPIL en juin 2020, cette charte actualisée propose à chaque usager de s’impliquer activement pour la préservation du territoire à travers 15 engagements portant sur des pratiques respectueuses de l’environnement : 3 de portée générale et 12 répartis selon les milieux concernés (fonds marins côtiers, falaises littorales et côtes rocheuses et milieux terrestres). En devenant signataire de la Charte Natura 2000 pour une durée de 5 ans, les usagers ancrent ainsi leurs pratiques dans une démarche de développement durable.

LE PATRIMOINE NATUREL

Cliché de gauche, bryozoaire (Pentapora fascialis) fixé sur une gorgone pourpre (Paramuricea clavata) ; cliché de droite : Doris géant (Felimare picta) © Andromède Océanologie
Cliché de gauche, bryozoaire (Pentapora fascialis) fixé sur une gorgone pourpre (Paramuricea clavata) ; cliché de droite : Doris géant (Felimare picta) © Andromède Océanologie
Le caractère mixte du secteur entraîne une grande diversité d’habitats et d’espèces d’intérêt communautaire (Annexes I et II des directives européennes) au sein des sites Natura 2000 concernés :
18 habitats naturels (6 marins et 12 terrestres), 16 espèces animales et végétales (2 marines et 14 terrestres) et 22 espèces d’oiseaux (5 marines et 17 terrestres) sont recensés sur le site.
 
Le territoire abrite ainsi différents habitats marins remarquables tels que les herbiers de posidonie (habitat prioritaire selon la directive « Habitats Faune Flore »), les récifs ou encore les grottes marines. L’étang de Crovani représente également la seule lagune côtière du secteur (habitat prioritaire).
 
La présence des canyons sous-marins entraine la fréquentation régulière des mammifères marins, notamment le grand dauphin, et des oiseaux marins (zone de nourrissage du fait des apports nutritifs importants générés par les phénomènes d’upwelling).
 
Les sites abritent notamment l’essentiel de la population corse de balbuzard pêcheur, qui elle-même représente 50 % des effectifs français reproducteurs, ce qui confère au territoire un rôle de premier ordre dans la conservation de l'espèce. Le secteur est également important pour le cormoran huppé de Méditerranée, avec des effectifs équivalant à plus de 15% de la population française.
 

A terre, les populations de fauvette sarde (espèce endémique de Corse) sont importantes, tout comme la population de faucon pèlerin. L’intérêt des sites est également indéniable pour les chauves-souris au regard de la grande diversité d’espèces recensées sur le territoire.
 
Enfin, la flore présente un fort endémisme avec de nombreuses espèces protégées ou d'intérêt européen. Le secteur couvre notamment l'ensemble de la population corse de l’armérie de Soleirol (Armeria soleirolii), espèce endémique de l’île.
 

LES USAGES PROFESSIONNELS ET RECREATIFS

Du fait de son patrimoine naturel exceptionnel, le secteur « Calvi - Carghjese » est concerné par de multiples activités et usages maritimes directement reliés à celui-ci : la pêche artisanale, activité traditionnelle ancestrale, et le tourisme nautique, qui s’est développé au milieu des années 1970. Ces activités sont caractérisées par une forte saisonnalité.
 
Pour l’ensemble des usages, 3 « hot-spots » peuvent être identifiés sur le secteur : la Réserve Naturelle de Scandula, la rive sud du Golfe de Portu (bande littorale entre la plage de Ficaghjola et Capu Rossu) et le golfe de Ghjirulatu (promenade en mer, plaisance, plongée sous-marine, pêche professionnelle et de loisir et autres activités récréatives). La fréquentation marine du site UNESCO, qui inclut ces « hot-spots », est par ailleurs estimée à ~365 000 visiteurs par an (promenade en mer et plaisance).
 
Vue de la presqu’île de Scandula depuis l’île de Gargalu © N. Robert/PNRC
Vue de la presqu’île de Scandula depuis l’île de Gargalu © N. Robert/PNRC

Les autres activités et usages sont surtout concentrés le long de la presqu’île de la Revellata et dans les fonds de golfes ou anses plus ou moins abritées, souvent en bordure de plages (tourisme balnéaire).
Contrairement au tourisme nautique, qui connait un véritable essor ces dernières années, l’activité de pêche professionnelle reste stable sur le secteur avec une quarantaine de pêcheurs permanents, réguliers ou occasionnels. Il s’agit d’une petite pêche côtière à caractère artisanal, pratiquée essentiellement au filet et ciblant principalement les poissons et les langoustes.
 
Le long du littoral, les aménagements sont peu développés et la pression urbaine reste très faible. Toutefois, la population (~11 000 personnes résident dans les communes littorales) est multipliée par cinq en période estivale. Les sentiers pédestres et les plages sont particulièrement appréciés par les randonneurs et les touristes. La fréquentation terrestre du site classé au patrimoine mondial de l’UNESCO est par ailleurs estimée à environ 870 000 visiteurs par an.
 

Documents à télécharger


Tome 1 :

Tome 2 :